dimanche 3 août 2008

LES DRUS - traversée (3754m)


parti presque sur un coup de tête, avec Franck. Un projet qui couvait depuis quelque temps, mais sans jamais l'avoir vraiment programmé. Une somme de circonstances, un créneau météo optimal, l'envie d'en découdre, bref, la motivation était là. Nous n'avons pas été déçu. Quand la réalité rejoint le mythe...


le choix du bivouac aux flammes de pierre...
3*** pour la chambre avec vue, catastrophique pour la progression en rocher le lendemain :
sac définitivement trop lourd au regard des difficultés
départ à 5h30 du bivouac... pour une très longue journée
c'est par où la sortie ?
sauvetage au grand Dru
la vierge, gardienne des lieux
l'abominable cheminée de sortie
20h40... douze rappel et un coincement de corde plus tard, nous prenons pieds sur le glacier. Le refuge est encore entre ombre et lumière. Nous y retrouverons la cordée slovène qui nous a précédés. Bien crevés, vidés, aussi bien nerveusement que physiquement, le repas concocté par le gardien et la nuit de récupération au refuge de la Charpoua seront savourés à leur juste valeur.

jeudi 10 avril 2008

Raid Oberland (J5)

Le raid qui devait faire une dernière escale au refuge Hollandia, situé au bout du bout du glacier du Grosser Aletsch, sera sagement écourté de 2 jours. Les prévisions résolument pessimistes, les kilos de neige accumulés ces derniers jours, ainsi qu'une visibilité aux abonnés absents nous font nous résigner à rejoindre la Jungfraujoch, notre point de départ.

Une préparation la veille de l'itinéraire, dont nous n'espérons pas voir grand chose, sera le gage de notre retour à bon port. Et en effet, la désagréable sensation de vertige ne nous quittera pas de la journée. Ni haut ni bas, ni droite ni gauche, montée ou descendte ? Impossible à dire... c'est le vide absolu. Jour Blanc. La nausée, ou presque.

Photo de famille à l'entrée de la gare du Jungfrau. La suisse se prépare à accueillir l'Euro de foot, dans l'indifférence générale...

Quelques kilomètres de rails plus tard, une fois traversé l'Eiger et revenu à des altitudes plus douces, changement total d'univers : du soleil, de la chaleur, des touristes, de partout, en terrasse. Une impression de sports d'Hivers. Nous décidons alors d'en profiter jusqu'au bout, et plutôt que de redescendre en train à Lauterbrunnen, nous finirons skis aux pieds ! Du moins tant que la neige nous le permet... Emportés dans notre euphorie de dévaller le prestigieux domaine skiable de Wengen, nous loupons la bifurque devant nous ramener à bon port. Trop bas ! L'idée de remettre les peaux pour remonter le surplus de mètres descendus ne nous emballe pas. En bon latins que nous sommes, nous tentons la fraude à skis. Autant dire un crime en Suisse ! Le préposé finira par être compréhensif, et nous laissera remonter à l'oeil. Ouf... Ce petit voyage imprévu nous permettra d'explorer encore plus le domaine, et de savourer jusqu'au dernières courbes les charmes helvétiques...

mercredi 9 avril 2008

Raid Oberland (J4)


Un départ prometteur, tout en ombre chinoise. Ciel bleu éphémère, on savoure.

Le mauvais temps revient au col du Grünhorn. Une descente tip top sur de la neige velours, avant de se séparer en deux groupes. Stef, Véro et Francis rejoignent directement Konkordiaplatz. Nous filons avec Eric et Franck en direction du Grünegghorn. Peine perdue une fois de plus : visibilité zéro et vents violents. Franchissement d'un col acrobatique, et descente débacle le nez dans d'improbables traces de montée. Merci au GPS et à la Boussole, car c'est à l'aveugle total que nous louvoyons entre les crevasses et séracs. Le coeur se désserre en rejoignant Konkordiaplatz, gigantesque point de convergence de 5 glaciers. Hommage à la place homonyme parisienne.


refuge Konkordia : quelque chose comme 300 marches et 150m de dénivelées. Merci le recul glaciaire !

mardi 8 avril 2008

Raid Oberland (J3)

Journée de transition. On a déjà oublié le Finsteraarhorn, trop chargé, trop incertain... En revanche, on occupe la journée en montant au Wyssnollen, joli belvédère, du moins de ce que l'on peut en voir.

lundi 7 avril 2008

Raid Oberland (J2)

Après une nuit calamiteuse généralisée à près de 3700m (les dolipranes n'y feront rien), c'est dans la tempête et le brouillard le plus total que nous quittons le refuge du Mönch. A se demander quelles directions prendre, et de se jeter en pleine pente avec une confiance aveugle (c'est le cas de le dire) dans les instruments électroniques.


L'arrivée sur le glacier nous sort heureusement de la crasse, les murs s'écartent, l'horizon s'élargit... Cinémascope. Bon dieu c'est immense ! Un peu paumé dans ces grands espaces.


Un Col à franchir à près de 4000m et 2 glaciers à traverser pour rejoindre le refuge Finsteraarhorn. Une paille... Deux cordées déjà engagées dans les pentes terminales du col font finalement demi-tour. Décidément... Apparemment trop crevés et pas en confiance. Mais ils nous rassurent sur la stabilité du manteau. Pas trop le choix quoi qu'il en soit : le refuge est de l'autre côté. Des conversions un peu sévère finissent de nous décider à ranger les skis sur le sac. Les 50 derniers mètres, cocktails de neige sans cohésion sur rochers lisses vaut son pesant d'adrénaline. Accueilli au col par des vents déchainés, je suis projeté le nez dans la neige, obligé de tenir le sac pourtant bien lourd pour qu'il ne soit pas emporté. L'équipe me rejoint, tous sonnés par cette furia. On tente comme on peut de s'abriter, le temps de recouvrir nos esprits.

descente toute en finesse (pour certains), et creusement de terriers (pour d'autres).

Un gros shuss avant d'amorcer la ligne droite de Longchamps. Charmes de l'Oberland que ces glaciers desespérement plats. Deux bonnes heures encore avant d'apercevoir le refuge.

Fantaisie suisse ? les "Hüttes" sont systématiquement perchées. Phénomène déroutant : Chaque descente s'achève ainsi inévitablement par une remontée. Grrrrr !