mercredi 4 août 2010

MEIJE - traversée des arêtes (3982m)


Cette fois-ci, elle ne nous a pas échappés. La reine de l'Oisans, neigeuse, aérienne et éffilée côté nord, massive, raide et rocheuse côté sud. Une fenêtre météo saisie au vol, coincée entre deux pertubations.
Montés le mardi par le sauvage itinéraire des Enfetchores, on rejoint le Promontoire par la brèche de la Meije. Variante pimentée pour éviter l'interminable vallon des Etançons...

la Meije, côté cours...












...côté jardin.






6h : deux heures de grimpe à la frontale avant de voir pointer les premiers rayons de l'astre. Les 900m de rocher qui nous séparent du sommet du Grand Pic déroulent une liste de passages obligatoires, autant de difficultés que de noms de baptème imagés, témoin des nombreux assauts repoussés avant l'ascension victorieuse de Gaspard, en 1877... Ci-dessus, au pieds de la muraille Castelnau.

7h : avant l'acrobatique remontée de la "dalle des autrichiens", le raide passage du "dos d'âne". A droite, Stéphane au prise avec la délicate traversée dite du "pas du Chat" .
8h30 : la jonction entre l'arête du Promontoire et le Grand Pic passe par la classieuse remontée du glacier carré. Belles pentes, belles lignes de fuite. Reste 150m d'escalade, où l'on quitte le granit ensoleillé de l'arête sud pour le gneiss beaucoup moins chaleureux des flancs ouest du Grand Pic.

10h : le 1er morceau de bravoure de la course : le cheval rouge, si bien nommé. Diedre lisse coloré au rétablissement inchangé depuis plus d'un siècle. Mais la surprise est de l'autre côté ...

Une traversée plein gaz au dessus des abimes de la face nord, le soleil, et très vite, le sommet. 11h, pas de temps à perdre. Une longue chevauchée à gravir, contourner, désescalader, remonter les cinq dents acérées des arêtes de la Meije...

La statuette semble prier pour notre salut avant d'entamer quelques vertigineux rappels rejoignant la brèche Zigmondy.


Deuxième morceau de bravoure de la course : la traversée de la Dent Zigmondy. Après la sympathique remontée d'un rateau de chèvre crampons au pieds, on descend prendre pieds sur les pentes abyssales de la face nord. Un cable nous sauve des enfers, facilitant grandement le contournement de la Dent. La goulotte de sortie laisse un souvenir impérissable aux bras et au moral. Ambiance...

12h30 : 2ème Dent. Devant nous : la 3ème et 4ème avant de toucher le "Doigt de Dieu". La route est encore longue.

15h : les rappels du Doigt de Dieu.

16h30 : refuge de l'Aigle. Menu à la hauteur des lieux. Decompression, récupération... digestion.
Jeudi matin/6h30 : 5cm tombés dans la nuit. Retour dans la vallée, 1800m plus bas, grand soleil dans nos têtes !

dimanche 1 août 2010

MONT AIGUILLE (Vercors)


samedi 31 juillet 2010

Giclée Magique (OISANS)


Cadre exceptionnel et confidentiel pour cette cascade perchée en altitude, dans un de ces recoins dont l'Oisans foisonne. Une demi-douzaine de rappels pour rejoindre la naissance du torrent, et enquiller les 8 longueurs top-ambiance qui longent les quelques 300m chute d'eau.

Un rocher sculpté par l'eau, aux préhensions très variées : bossettes, réglettes, écailles... Rive droite c'est l'embouteillage des vacanciers (4 cordées engagées dans les "délices de Notre Dame"), rive gauche : c'est a tranquillité assurée (merci Bison Futé).

A mesure que l'on s'élève, la voie se rapproche sérieusement de cette "giclée magique". Quelques embruns bienvenus pour rafraichir les esprits.

Dernière longueur, mythique : après le dernier ressaut, une rampe déversante au dessus d'une belle vasque profonde. Vol déconseillé : les points légèrement éloignés promettent une belle chute à l'eau - et un rétablissement plus que problématique.

Départ des rappels et/ou relais de sortie pour les "délices de Notre Dame". Tristan boit le calice jusqu'à la lie

séjour à Monzino... (Italie)



vendredi 30 juillet 2010

séjour à Monzino... (Italie)



Il y a quelque chose d'himalayen dans ce vesant italien du Mont Blanc. La raideur et l'austérité des parois, les caprices du temps qui jouent sur les nerfs. Il faut du temps, de la patience, et beaucoup d'humilité pour espérer atteindre sereinement les 4810m du maître des lieux. Il nous aura manquer les deux premiers...

3 jours à Monzino donc, refuge fort recommandable par son acceuil et les rencontres que l'on peut y faire. On y aura appris l'attente et la patience...


Sous la protection de l'impressionnante aiguille Noire de Peuterey, rencontre avec des cabris tous frais moulus et peu farouches.



Chistophe Profit, de retour avec 3 clients des arêtes du Brouillard. Quelques cheveux blancs en plus, mais le personnage emblématique de la fin des années 80 reste éminemment sympathique, affable et disponible.






Après deux jours de tergiversation aussi usante que vaine, nous partons pour le bivouac Eccles sous un léger crachin, se transformant en givre puis en neige quelques centaines de mètres plus haut. Comme un clin d'oeil, celui qui n'avait pas daigné se montrer durant 3 jours laisse apparaître au milieu d'une brève éclaircie sa face sud platrée de neige fraîche... Il faut se faire violence pour se résigner, encaisser, et accepter l'idée de redescendre. Gros coup de blues...

On savait que ça serait un long voyage pour monter là haut. Ca n'est donc que partie remise, très prochainement...

dimanche 25 juillet 2010

PIC N DES CAVALES - arête W (Ecrins)

Un petit d'air d'Ama Dablam "post réchauffement climatique" ce Pic N des Cavales. Pas spécialement haut (3362m), mais suffisamment massif et imposant pour se faire remarquer depuis le vallon des Etançons.
Quatre fiers à bras grenoblois, remontés comme des pendules et bien décidés à en découdre avec cette arête de 400m.
Thomas dit "le Slovène",
Antoine dit "le patron",
Seb C dit "le bandit voironnais"
Seb R. dit "le jeune loup"
Clin d'oeil au Dôme des Ecrins, fermant le vallon de Bonnepierre, alors que le Grand Pic de la Meije ferme celui des Etançons.

Dimanche matin / 7h30. Après 2h d'approche, nos lascars dans le vif du sujet. Le premier ressaut invite à remonter une zone "d'éboulement contemporain" dixit le topo. Thomas s'y colle. Un petit 5 bien frappé, sur rochers brisés, les grosses aux pieds...

Thomas, inarretable, vole de fissures en écailles. Une dalle bien lisse refroidit l'ambiance, déjà glaciale. Erreur d'itinéraire, désescalade, quelques jurons slovènes bien sentis, et le voilà qui repart dans une longue traversée impro/banzaï. On rejoint finalement le fil de l'arête.... Face à nous, au téléobjectif, le refuge du Promontoire.
Sortie du premier ressaut et un joli parcours d'arête peu soutenu qui permet d'apprécier l'ambiance et le paysage.




les belles dalles canelées du 2ème ressaut. Un bon 5 fineau, plutôt en adhérence, ce qui n'est pas la première qualité des chaussures d'alpi. Seb s'y colle, pousse des cris d'enthousiasme entre les points.





Dernier passage athlétique et aérien, le long d'un dièdre couché. Belle écaille, beau rocher, gros grains. Contents...

12h / Summit ! Le gang des grenoblois a encore sévi. Proprement, sans casse, et en toute discrétion. Leur forfait accompli, il quitte les lieux par deux rappels bien sentis.






Encore au moins une bonne raison de revenir dans ce vallon - décidemment bien long - ce grand Pic là, tout au fond...