lundi 7 avril 2008

Raid Oberland (J2)

Après une nuit calamiteuse généralisée à près de 3700m (les dolipranes n'y feront rien), c'est dans la tempête et le brouillard le plus total que nous quittons le refuge du Mönch. A se demander quelles directions prendre, et de se jeter en pleine pente avec une confiance aveugle (c'est le cas de le dire) dans les instruments électroniques.


L'arrivée sur le glacier nous sort heureusement de la crasse, les murs s'écartent, l'horizon s'élargit... Cinémascope. Bon dieu c'est immense ! Un peu paumé dans ces grands espaces.


Un Col à franchir à près de 4000m et 2 glaciers à traverser pour rejoindre le refuge Finsteraarhorn. Une paille... Deux cordées déjà engagées dans les pentes terminales du col font finalement demi-tour. Décidément... Apparemment trop crevés et pas en confiance. Mais ils nous rassurent sur la stabilité du manteau. Pas trop le choix quoi qu'il en soit : le refuge est de l'autre côté. Des conversions un peu sévère finissent de nous décider à ranger les skis sur le sac. Les 50 derniers mètres, cocktails de neige sans cohésion sur rochers lisses vaut son pesant d'adrénaline. Accueilli au col par des vents déchainés, je suis projeté le nez dans la neige, obligé de tenir le sac pourtant bien lourd pour qu'il ne soit pas emporté. L'équipe me rejoint, tous sonnés par cette furia. On tente comme on peut de s'abriter, le temps de recouvrir nos esprits.

descente toute en finesse (pour certains), et creusement de terriers (pour d'autres).

Un gros shuss avant d'amorcer la ligne droite de Longchamps. Charmes de l'Oberland que ces glaciers desespérement plats. Deux bonnes heures encore avant d'apercevoir le refuge.

Fantaisie suisse ? les "Hüttes" sont systématiquement perchées. Phénomène déroutant : Chaque descente s'achève ainsi inévitablement par une remontée. Grrrrr !

dimanche 6 avril 2008

Raid Oberland (J1)

Projet concocté par Franck, cette boucle de 7 jours dans le lointain massif de l'Oberland se déroule essentiellement au dessus de 3000m. Un périple de longue haleine, de refuges en "hüttes", avec dans l'idée de cueillir quelques 4000 au passage. Peine perdue, nous n'en ramènerons qu'un : le Mönch. Et encore, les derniers mètres tempétueux et cornichés se refuseront à nous. Car c'est bien là le principal adversaire de ce raid, qui ne nous laissera que peu de répit : la météo ! Peu importe, l'Oberland, c'est l'Alaska au coeur des Alpes. Une démesure glaciaire, un grand désert blanc, et des conditions pour le moins... rudes !


"Top of Europe" : la Suisse s'enorgueillit auprès de qui veut bien l'entendre qu'elle a la gare la plus haute d'Europe. C'est affiché partout, placardé, proclamé, déclamé. Certes, bon... Amusant au demeurant, mais anecdotique comparé à la dramaturgie que propose celle de l'aiguille du Midi, autrement plus haute et acrobatique. Là c'est un train, au tracé certes incroyablement audacieux, mais ça reste un train, qui débouche sur un plateau... glaciaire. Bref, nous voilà donc arrivés, vers 3400m. Le temps de déposer les sacs au refuge du Mönch, à 3600, et nous filons fraichement acclimatés (c'est à dire pas du tout) pour le sommet 400m plus haut, déjà balayé par les vents.

Nous croisons un guide et son client qui abandonnent la trace 100m sous le sommet. Après quelques hésitations, nous décidons de continuer avec Franck sur cette crête décidemment bien chargée. Ca brasse à mi-cuisse. Ce que je crois être les derniers mètres nous amènent finalement au pied d'une ultime corniche, raisonnablement infranchissable. Demi-tour, on jette l'éponge.

dimanche 24 février 2008

le Mourre Froid (2994m)

la dernière et seule fois où je suis venu dans cette partie du massif des Ecrins remontait à l'été 90. Autant dire un vague souvenir, celui d'une journée maussade sous un ciel gris. La limpidité de cette journée de février m'aura laissé un tout autre souvenir : celui d'un remarquable belvédère au milieu d'un désert blanc.

l'impressionant versant W du Viso

samedi 23 février 2008

Tête de la Cluse (2683m)

Trois jours "off", pour une virée dans le Champsaur. L'occasion de s'arrêter en chemin dans le Dévoluy, pour un détour à la Tête de la Cluse.

mauvaise surprise en versant sud : à sec ! déchaussage et grosse traversée de pierriers avant de retrouver une combe plus abritée.

"dépeautage"

"rencontre" du 3ème type sur le plateau de Bure...

dimanche 17 février 2008

Tête du Ruitor (3486m)

Incursion en territoire italien pour cette belle échappée sur deux jours, au fin fond de la Tarentaise. Plaisir des inversions thermiques, la montée se fait sous une chaleur caniculaire.


Dépose des sacs au refuge du Ruitor, avant de filer chauffer les spatules sur Louprama. Poudreuse irréprochable, la technique un peu moins... Franck pose quelques courbes esthétiques au soleil couchant.

Le lendemain, longue bambée pour rejoindre le glacier du Ruitor, et la raide pente terminale verglacée. Le sommet marque la jonction avec l'itinéraire italien. Ombre au tableau : la dépose hélico. la réglementation joue à saute-frontière et les français profitent de la tolérance italienne pour nous griller la politesse sur les pentes vierges. Mais on ne boudera pas notre plaisir devant les 2300m de descente qui nous attendent. Du velours...

dimanche 13 janvier 2008

Le Chapotet (2076m)


Sommet le plus septentrional de Belledonne, d'altitude modeste, Plan chapotet nous a pourtant fait vivre l'enfer. De grosses chutes de neige la veille et une véritable furia d'éole nous malmenant sur toute la crête NW jusqu'au sommet. Traces immédiatement recouvertes, équilibres précaires... Ambiance, ambiance.



une belle poudreuse en versant N, avant de rebasculer sur le refuge de la grande montagne